Éditions Arca Minore

Éditions Arca Minore, collection Arca Docs

Les mutations commencent dans les marges, hors des formats ordinaires. Les éditions numériques Arca Minore ouvrent une voie d’expression aux auteurs de qualité, acteurs ou/et penseurs des changements en cours, hors des conformismes majoritaires. Sans parti pris mais en vérifiant avec exigence les sources : toute expérience humaine nous intéresse.

Notre premier livre Chronique d’un activiste de la cause animale, présente le parcours sidérant d’un homme fiché comme terroriste tant  à la DGSI qu’au FBI, malgré le caractère toujours pacifique de son action.  Cet auteur, « Archétype », est un aventurier anonyme : de l’intrusion dans les laboratoires d’expérimentation animale, en passant par les abattoirs et les trafiquants de chiens et de chats des pays de l’Est, il a risqué sa liberté et sa vie. Au-delà de cet engagement total, mais ne caricaturant jamais ceux vers lesquels il se portait, cet ouvrage rapide comme un éclair, tinté d’un humour permanent, où se succèdent les personnages pittoresques et émouvants, synthétise l’essentiel des contradictions de l’espèce qui est la nôtre. Pour le philosophe, l’humaniste, ou tout simplement vous qui communiquez avec votre chien ou votre chat, il relate l’éveil d’une conscience, des expériences oniriques peu ordinaires, une fusion empathique avec le monde vivant et ses archétypes. UN DOCUMENT-CHOC, exceptionnellement écrit, haletant.

Pour nous adresser votre manuscrit : margeslibres@protonmail.com, messagerie confidentielle et sécurisée.

 

L’archétype du sauveur

Chronique d’un activiste de la cause animale

Pierre-GillesBellin - Z archetype
Pierre-GillesBellin - Z archetype

Vous êtes peut-être déjà passé derrière moi, occupé à faire les magasins pendant que je guettais dans le reflet d’une vitrine un geste violent trop discret pour que qui que ce soit d’autre y prête attention. J’ai déjà peut-être été assis à une table voisine de la vôtre, à fixer la rue jusqu’aux quelques secondes d’ouverture qui allaient me permettre de décrocher une chaîne sans être vu, alors que vous sirotiez un café. Je vous ai peut-être déjà devancé à toute vitesse alors que vous entendiez crier « police ! » derrière vous, pour m’engouffrer dans le métro qui éloignerait définitivement une victime de son bourreau, et vous ramènerait chez vous après votre journée de boulot. Vous n’auriez pas eu le temps de voir si c’était un sac ou un téléphone que j’avais entre les mains, mais vous seriez soulagé que le voleur ne soit pas tombé sur vous, et auriez éventuellement accompli votre devoir citoyen en appelant la police. J’aurais certainement déjà été loin. Vous auriez peut-être entendu des badauds interloqués dire que le mec portait un masque bleu, en quel cas vous vous seriez dit que Paris devenait vraiment une ville de dingue. Vous auriez été dans le juste : je suis un voleur. Mais pas dans le sens que vous auriez cru.

J’aurais voulu pouvoir vous dire que ce que j’avais entre les mains était une vie. Une vie animale. Et, pour moi, Paris est devenue bien plus dingue que vous auriez pu le penser.